Avenir Suisse s’inquiète du laxisme des cantons en matière d’aménagement du territoire. Alors que les cantons urbains, Zurich et Genève en tête, font bien leurs devoirs, beaucoup de cantons, sur le Plateau notamment, n’ont pas adapté leurs outils de planification. La surface urbanisée progresse ainsi à une cadence qui dépasse largement la croissance démographique et les zones à bâtir sont surdimensionnées. Avenir Suisse, dans une étude présentée jeudi à Berne, appelle à un renforcement de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, qui doit servir de contre-projet à l’initiative populaire demandant une utilisation judicieuse et mesurée du sol. Le Temps: Avenir Suisse se montre très sévère avec les cantons romands, qui, à l’exception de Genève, ferment la marche du classement… Xavier Comtesse: Oui, cinq des six cantons disposant d’une trop grande réserve de zones à bâtir sont romands (FR, JU, NE, VD et VS). Ils ont beaucoup de peine à limiter l’extension de l’urbanisation. Vaud s’en sort pas si mal, mais sa gestion des zones à bâtir, pour lesquelles il n’a aucune stratégie, l’a relégué. Genève arrive deuxième du classement général, derrière Zurich, une surprise? C’est logique. Zurich, Genève et Bâle sont très bien placés. Ces cantons urbains, pour faire face à une croissance démographique forte, ont dû très tôt se donner des instruments de planification. Pourquoi Avenir Suisse part-il en croisade contre le mitage du paysage? Notre discours sur les métropoles n’a pas varié. Nous sommes persuadés qu’il faut densifier les villes. Mais il faut aussi des zones de respiration, sinon, c’est Los Angeles! Pour les infrastructures, il n’est pas rentable d’avoir une urbanisation qui gagne des zones toujours plus grandes. Ensuite, en termes de positionnement international, c’est mauvais pour attirer cadres et personnes créatives. La qualité de vie passe aussi par des paysages intacts, c’est un avantage pour l’économie que la Suisse ne peut pas gaspiller. Avenir Suisse demande des règles plus strictes, et surtout qu’elles soient mieux appliquées par les cantons. Des recommandations que ne renieraient pas les organisations écologistes? Il faut mieux protéger le paysage, mais ne pas geler toute activité, comme le demande l’initiative populaire. Un moratoire fige la discussion. Nous disons: on ne peut pas construire n’importe où mais, en contrepartie, on doit pouvoir construire plus vite. Et pourquoi voulez-vous que les cantons aient des compétences renforcées face aux communes dans l’application de la loi? Ça permettrait d’arrêter les combines locales. Quand un propriétaire voit son terrain passer en zone à bâtir, il gagne beaucoup. Une part de cette plus-value devrait revenir à l’Etat, qui finance les infrastructures. C’est une part du problème valaisan, où le canton n’est pas arrivé à créer des règles plus contraignantes pour les résidences secondaires. |