Favoriser la compétitivité cantonale à travers une législation libérale ?

Une comparaison des classements cantonaux

Les libertés économiques sont une condition de base pour la concurrence, mais elles ne sont pas suffisantes pour garantir la compétitivité. Une comparaison de l’«indicateur de compétitivité des cantons 2016» d’UBS et de la catégorie «libertés économiques» de l’indice de liberté d’Avenir Suisse, montre que les cantons ont tout intérêt à veiller à ce que les conditions-cadre soient aussi libérales que possible – quand cela est dans leur domaine de compétence. En effet, les cantons les plus libéraux occupent les meilleures places dans les classements cités précédemment.

Les libertés économiques – sous forme de liberté contractuelle, de libre accès au marché, de prix flexibles et de propriété individuelle – sont les bases d’un système concurrentiel efficace. Mais elles ne sont pas automatiquement garantes de la compétitivité : celle-ci est largement influencée par des facteurs – souvent exogènes – comme l’accessibilité, le bassin de réception, le capital humain disponible ou la structure économique du canton. Voilà pourquoi il n’est pas étonnant que les résultats des différents cantons dans la catégorie «libertés économiques» de l’indice de liberté d’Avenir Suisse, soient différents de ceux obtenus dans d’autres classements économiques. Le graphique montre une comparaison de ce type avec l’«indicateur de compétitivité des cantons 2016» d’UBS.

2017-01_UBS-Wettbewerb_FR_670pxLes plus libéraux font aussi partie des plus compétitifs

Les quatre cantons les plus libéraux d’un point de vue économique – Schwyz, Zoug, Argovie et Zurich – sont également bien classés dans le classement de compétitivité d’UBS : Zoug et Zurich sont en tête du classement, l’Argovie est en quatrième position et Schwyz en huitième. Les résultats de ces deux derniers, qui ont un moins bon score au niveau de la compétitivité que de la liberté économique, tient à leur capital humain relativement limité. Par ailleurs, le canton de Zurich obtient un meilleur score au niveau de la compétitivité car son bassin de réception est plus grand et sa structure économique est plus diversifiée.

Les cantons qui ont un score moyen concernant les libertés économiques (symbole rouge), ont des résultats très hétérogènes pour ce qui est de la compétitivité. Alors que le canton de Bâle-Ville fait partie du top trois des cantons les plus compétitifs, grâce à sa structure économique innovante et diversifiée, un large capital humain disponible et une bonne accessibilité, le canton d’Uri qui est tout aussi libéral économiquement n’atteint que la 23ème place du classement UBS. Un manque d’innovation et de capital humain, ainsi qu’un bassin de réception petit par nature, ne permettent pas au canton rivaliser avec les premiers du classement. Et cela, malgré des libertés économiques étendues comme des finances cantonales saines, un marché du travail libéral ou une quote-part de l’Etat relativement basse.

Divergence dans l’Arc lémanique

Les cantons de Genève et de Vaud sont bien plus compétitifs que ne le laisse paraître leur score dans la catégorie économique de l’indice de liberté d’Avenir Suisse. D’une part, cela est lié au fait que des indicateurs comme  l’«Investissement public dans le logement », la «Loi sur la vente d’alcool» ou les «Taxes d’exploitation dans la restauration et l’hôtellerie» – ou les deux cantons ont un mauvais score – n’ont qu’un impact minime sur la compétitivité. Cependant, les finances cantonales déséquilibrées et une charge fiscale relativement élevée ne permettent pas aux cantons d’atteindre le haut du classement dans le classement de compétitivité d’UBS. Mais d’autre part, la structure économique, les travailleurs hautement qualifiés et une bonne accessibilité permettent à la cité de Calvin et sa périphérie de se placer parmi les dix cantons les plus compétitifs de Suisse. C’est surtout grâce à l’innovation et à un marché du travail efficient que le canton de Vaud peut – malgré des restrictions à la liberté économique – se maintenir à un bon rang. Néanmoins, les deux cantons seraient bien avisés de ne pas tout miser sur les avantages et le rayonnement de leurs centres, mais de se doter d’un ordre économique plus libéral. Dans ce cas, l’Arc lémanique pourrait bien rejoindre les cantons les plus compétitifs de Suisse.

La liberté économique comme levier important

La compétitivité d’un canton est largement déterminée par sa situation géographique. Des critères comme l’accessibilité ou le bassin de réception, considérés dans le classement d’UBS, illustrent cela. Il est par conséquent d’autant plus important pour la compétitivité de petits cantons, situés en périphérie, d’utiliser la marge de manœuvre qu’ils ont – sous forme de libertés économiques, de capacité d’innovation ou de capital humain – pour obtenir un résultat au-dessus de la moyenne dans ces domaines. Comme le montre le canton du Jura, pour atteindre ce but, il ne suffit pas d’avoir un cadre législatif civil très libéral. Alors qu’il occupe la première place dans la catégorie «indicateurs civils» de l’indice de liberté d’Avenir Suisse, il est avant-dernier dans le volet économique et même dernier dans le classement d’UBS sur la compétitivité. Des impôts élevés, un appareil étatique conséquent et des finances relativement déséquilibrées s’ajoutent à une accessibilité difficile et à un bassin de réception limité. Concernant la compétitivité, le canton du Jura ne pourra sans doute jamais atteindre le niveau des cantons ayant des centres importants. Des cantons périphériques comme Uri, Glaris ou Appenzell Rhodes-Extérieures, qui ont réussi à maintenir un meilleur niveau, doivent servir de référence.

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